Maule 21

Editorial de janvier 2011

samedi 1er janvier 2011 Daniel BRIATTE

Neige. Ne succombons pas à l’hystérie des médias qui torpillent sans relâche le Gouvernement. L’État ne s’occupe plus depuis longtemps que des autoroutes et des quelques très grandes routes nationales. Si les équipes ont failli sur le réseau structurant d’Ile-de-France, l’immense et essentiel "réseau associé", comme on l’appelle, géré exclusivement par les départements, voire les communes, n’a pas été mieux dégagé. Si donc l’État est pour quelque chose dans cette affaire, il n’est, de loin, pas tout seul, mais personne ne l’a remarqué même si chacun a pu se faire son idée sur le déneigement de Maule.

L’histoire commence avec les Lois miterrandiennes sur la décentralisation. Avant, les routes, nationales, départementales et très souvent communales, étaient gérées par les Ponts et Chaussées devenus Équipement avec Edgar Pisani. Tout ou presque était déneigé par les mêmes équipes habitants sur place et traitant les itinéraires locaux sans faire de différence même si, après, il fallait faire des comptes d’apothicaires pour savoir à qui faire payer le sel. Dans mon service, nous téléphonions à la météo de Villacoublay toutes les heures, nous pré-salions la nuit en cas de doute et tous les matins le responsable mettait son réveil à sonner à 4 heures, ouvrait sa fenêtre et lançait les équipes au moindre flocon si petit soit-il. Sinon, il se recouchait...
Quand il neigeait, toutes les équipes tournaient jusqu’à ce que la route redevienne noire. Les 35 heures n’existaient pas et ils revenaient me rendre compte, quelque fois au bout de vingt heures d’affilées, épuisés mais fiers et heureux du devoir accompli, le pouce levé, en me disant "c’est bon, ça roule..." Nos clients étaient pourtant les mêmes. Beau temps ou pas, et quoiqu’il arrive, ils partaient à 8h45 pour arriver à 9h moins cinq, en jeans-baskets, costume-cravatte ou jupette-talons-aiguilles. Une seule différence avec ceux d’aujourd’hui : en cas de naufrage, c’était la faute du mauvais temps, pas du Président de la République.

Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de routes nationales. Les seules de notre région sont l’A13, gérée par la SAPN et la RN 12, gérée jusqu’au 30 juin de cette année par la Direction Régionale de l’Équipement Ile de France (DREIF). La DDE n’existe plus depuis longtemps et depuis le 1er juillet, la DREIF n’existe plus non plus. Elle a été remplacée par un grand machin fourre-tout principalement occupé d’écologie et de développement durable. Toutes les routes importantes appartiennent donc au Département et le reste aux Communes. Chacun garde ses frontières et tout ce beau monde ne se parle pas, ne se coordonne pas. Comment voulez-vous que cela fonctionne ?

Il est vain de s’opposer à la décentralisation, il fallait bien que chaque collectivité assume ses pouvoirs avec les responsabilités qui vont avec. Le problème est qu’elles ont bien accepté le pouvoir mais qu’elles rejètent leurs responsabilités sur l’État. Il ne faut donc s’étonner de rien.

Bonne année à tous, que 2011 vous apporte la joie et le bonheur.

Daniel Briatte


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