Maule 21

Editorial de novembre 2012

jeudi 1er novembre 2012 Daniel BRIATTE

Par arrêté du 5 octobre dernier le Maire de Maule a lancé une enquête public ayant pour objet la révision du PLU dans le but de modifier les règles de construction dans la zone dite du collège ou du cimetière. Ces nouvelles règles, si elles sont acceptées, ont pour but de densifier à outrance les surfaces constructibles pour accepter un maximum de petites constructions prétendument accessibles à des foyers de revenus modestes et garantir la rentabilité d’une opération de construction lancée par un promoteur.

Les options prisent à l’époque dans l’étude du PLU correspondent à une urbanisation raisonnable et modérée de ce quartier prenant en compte un ensemble de critères homogènes comme l’urbanisation existante, la démographie Mauloise, les accès très difficiles de cette zone, sa proximité avec le milieu naturel. Une modification inconsidérée d’un paramètre essentiel de définition comme la surface globale constructible en négligeant de prendre en compte ces critères est de nature à compromettre définitivement l’équilibre de ce quartier et, par là même, celui de la commune entière.

Cette zone située en limite Sud-Est de la ville a toujours eu une vocation d’extension pavillonnaire, et par manque de place en centre ville a reçu, au fil des ans, des services publics déplacés trop à l’étroit dans le centre. C’est ainsi que la Poste et la Perception se sont ré-implantées rue de Mareil mais, en voie de réorganisation, ces organismes cherchent d’autres affectations pour leurs locaux devenus trop grands (une partie de la Poste est à vendre). D’autres services restent très actifs (le collège et les infrastructures sportives) et d’autres, enfin, sont abandonnés, en friche ou en cours de changement d’affectation (ancien central téléphonique), là aussi pour des logements (appartements en vente, à louer et pavillons)

Quant aux commerces (Garage Peugeot, Charbons Maulois et Aubert Matériaux), ils sont en sursis ou déjà disparu (Aubert) à cause, entre autre, de leur classement récent par l’Administration en partie en zone inondable, même si un projet de quelques pavillons existe sur le terrain Aubert. Et c’est ainsi que le quartier, abandonnant peu à peu ses activités traditionnelles, devient un quartier purement résidentiel rythmé par les horaires scolaires.

Toute cette présence génère un flux de circulation ponctuel important très mal supporté par le seul carrefour praticable pour desservir cette zone par les poids-lourds et bus scolaires. La Mairie ne sait d’ailleurs pas améliorer son fonctionnement par manque de savoir-faire technique. Par ailleurs, une déviation pour une partie des seuls véhicules légers pourrait être envisagée par la côte du cimetière à condition d’améliorer ses caractéristiques et de concevoir un plan de circulation dans la zone considérée, voire dans le centre ville, ce qui n’est, à priori, pas à l’ordre du jour.

Du fait de ce point dur limitant les accès, cette zone ne connait actuellement qu’un développement limité et le PLU conditionne son développement à la mise en place d’équipements lourds de desserte du coté du Collège vers la RD 191 essentiellement pour supprimer le transit des autocars scolaires (une vingtaine) par la rue de Mareil. Ce dispositif devant alléger ainsi le trafic global transitant par le verrou du carrefour avec la RD 45. Il est clair que, sans ces équipements nouveaux, toute augmentation de la densité d’habitations de la zone joue sur la capacité de ce carrefour saturé à certains horaires. Et toute augmentation brutale et inconsidérée de cette densité sera fatalement nuisible au fonctionnement déjà délicat du carrefour. Et, plus cette augmentation ira à l’encontre de celle, modérée, prévue par le PLU, plus le fonctionnement du carrefour deviendra ingérable.

D’autre part, un développement harmonieux d’une ville, doit pour des raisons pratiques et pas seulement esthétiques, trop longues à développer ici, aller d’une densité maximum en centre ville vers un allègement progressif de cette densité au fur et à mesure que l’on s’éloigne de celui-ci. C’est ainsi que les franges supportent des surfaces parcellaires de 1000, 2000 voire 5000 m2 en fonction de la transition souhaitée avec les terres agricoles et leurs natures (les bordures des champs ne sont pas forcément traitées comme les lisières de bois par exemple). C’est ainsi qu’à Maule, si mes souvenirs sont exacts, nous avions retenu un minimum de 1000 m2, juste compromis entre l’étroitesse de la vallée, la lisière boisée et le manque de terrains à bâtir sur la ville comparé à sa démographie. C’est justement cette valeur qui fait l’objet de la révision du PLU, un des objectifs annoncés étant d’offrir des logements accessibles en prix à des ménages modestes. Alors pourquoi compromettre l’équilibre d’un quartier excentré alors que l’on peut réhabiliter des ilots médiocres, à la limite de l’insalubrité, dans le centre ville/gare en menant des opérations aidées par l’ANAH ?

Un autre problème, assez grave pour limiter fortement l’implantation de constructions dans la vallée est l’imperméabilisation progressive du bassin versant de la Mauldre qui compromet grandement la capacité d’absorption de l’écosystème d’un apport brutal d’eau pluviale en cas de fortes précipitations. Il faut donc absolument que les constructions, gardent leurs eaux de pluie sur leur terrain et les trop petites surfaces construites seront fatalement complétées un jour, par une terrasse, par une véranda, par une rampe de garage, voire un simple barbecue en dur construit sur une dalle confortable. Tous ces accessoires conduisent à une imperméabilisation qui sera, au final, quasi totale sur des parcelles de seulement 300 m2. Tout ceci finira par participer au rejet massif et immédiat des eaux pluviales dans la Mauldre. Sur ce point un avis du COBAHMA (Comité de Bassin Hydrographique de la Mauldre et de ses Affluents) est indispensable. Ce comité impose notamment un rejet maximum impossible à tenir pour des petites surfaces. De plus, ces problèmes de ruissellement peuvent être accrus par des arrivées d’eau de ruissellement venant du cimetière et, plus haut, du plateau agricole et des chemins ruraux, l’ensemble du quartier étant, de surcroît, mal drainé par un réseau d’égouts minimal voire inexistant.

Ainsi, ces trois arguments, alliés à d’autres qui ne me manqueront pas d’être développés par d’autres (comme les dangers d’inondation en provenance du cimetière ou le principe de l’aliénation de terrains (à quel prix ?) appartenant à la collectivité) militent en faveur du rejet de la proposition communale de révision du PLU sans profonde justification en terme d’urbanisme autre que celle de répondre favorablement à la demande d’un promoteur.

Si vous êtes d’accord avec ce qui précède, il vous reste a aller le dire au Commissaire-Enquêteur. Vous avez jusqu’au lundi soir 26 novembre. Après il sera trop tard et ce quartier sera définitivement défiguré.

Daniel Briatte


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